jeudi 7 avril 2011

Le train-train de Salomé "L'insulte" (Nouvelle publié dans N°1 Juin 2010)


Enfoiré ! Parmi toutes les choses que tu pouvais m’enlever, m’arracher, pourquoi a-t-il fallu que tu jette ton dévolu sur la chose la plus précieuse à mes yeux ? Et le pire, c’est que tu l’as fais en toute conscience, me lançant ce petit regard en coin, pseudo-innocent et pourtant si sadique. Qu’est-ce que cela peut bien représenter pour toi ? Rien certainement… Ce doit être simplement le fruit d’un petit caprice. Alors que pour moi… pour moi, c’est toute ma vie, mes souvenirs, mon avenir ! Il m’est peut-être possible de te corrompre, après tout. De te persuader. Tout le monde a un prix de nos jours, c’est bien connu. Je saurai trouver ta corde sensible, et ainsi, je récupérerai mon bien. Tel que je te vois, de l’argent liquide ne représente rien, tout juste un bout de papier permettant de voler aux autres ce qu’ils ont de plus cher ! Et quelque part, cela m’arrange, je n’ai plus un rond. En même temps, à quoi ça sert de bosser et d’avoir un salaire ? Puisque tout part dans les impôts, le loyer, et la nourriture bon marché ! Super la vie ! Quelle arnaque, on aurait pu me prévenir. A l’école, au lieu de me bercer d’illusions, on aurait dû me le dire :
-          «  Salomé, tu vas faire de longues études, te forçant à travailler dans l’espoir de faire un jour le métier qu’il te plaît et avoir plein d’argent. Mais en réalité, après avoir enfin été employée par un boss loufoque, tu passeras encore plus de temps à travailler que pendant tes études, et tu ne verras même pas la couleur de ton argent ! »
Eh oui… tous des sales menteurs ! … et tous des voleurs ! A quoi bon essayer de récupérer ce qui m’est dû par un arrangement à l’amiable ? Je vois d’ores et déjà dans ton regard le refus de tout compromis. Il ne me reste plus qu’une solution : la séquestration. Tu n’as pas l’air bien lourd… ce sera facile pour moi. Non… je ne suis pas si tordue.
Mon ventre commence à faire des bruits étranges. Tout le monde me regarde. Surtout toi. Ce sourire toujours dessiné sur tes lèvres, imperturbable. Je te vois partir au ralenti. Sale môme. Dire que c’était le dernier pain au chocolat.

Pam.

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